On le sait, on le répète depuis des années : les épluchures et restes de repas n’ont rien à faire dans la poubelle grise. En France, les déchets alimentaires représentent environ 30% du poids de nos ordures ménagères — autant de matière organique précieuse qui finit incinérée. La bonne nouvelle, c’est qu’à Lyon, les solutions pour composter quand on vit en appartement se sont considérablement multipliées. La Métropole a vraiment mis le paquet sur le sujet ces dernières années. Reste que beaucoup de Lyonnais ne savent pas exactement ce qui existe près de chez eux, ni par où commencer.
Voici un tour d’horizon complet et concret : les options disponibles, ce qu’on peut y mettre (ou pas), et comment s’y retrouver selon sa situation.
Les bornes à compost : la solution la plus simple, déployée dans toute la Métropole
C’est probablement la solution la plus accessible pour un habitant d’appartement sans jardin. La Métropole de Lyon a développé la collecte des déchets alimentaires grâce à des bornes à compost, accessibles à tout le monde, 24h/24. Vous déposez vos déchets en vrac (sans sac plastique, même biodégradable — c’est important), et la borne est collectée régulièrement.
Ce qu’on peut y mettre
Restes de repas, épluchures, café, thé, coquilles d’œufs, os de poulet, fruits abîmés, produits périmés, pain rassis — tous les déchets alimentaires sont acceptés dans les bornes à compost, mais seulement en vrac ou dans des sacs en papier. C’est la grande différence avec le compostage de quartier : les bornes acceptent la viande et le poisson, contrairement aux composteurs partagés gérés par des bénévoles.
Comment ça fonctionne ensuite
Les déchets déposés sont traités sur des plateformes de compostage professionnelles situées sur le territoire de la Métropole ou à proximité — à Vénissieux, Ternay, Lentilly notamment. Le compost produit est ensuite utilisé par des maraîchers, agriculteurs et services techniques locaux.
Trouver la borne la plus proche
La carte des bornes est disponible sur le site de la Métropole (grandlyon.com). Le réseau s’est considérablement étendu ces deux dernières années — si vous n’en aviez pas près de chez vous il y a 18 mois, il vaut le coup de revérifier.
Astuce pratique : Des bio-seaux et des sacs kraft sont proposés aux usagers pour faciliter le geste de tri lors du démarrage. Renseignez-vous auprès de votre mairie d’arrondissement.
Le vermicompostage : composter chez soi, en appartement
Pour ceux qui veulent aller plus loin et transformer leurs déchets organiques directement chez eux, le vermicompostage est la solution reine de l’appartement.
Le principe
Le vermicompostage repose sur l’utilisation de vers à compost qui vont digérer les déchets déposés dans un bac fermé et hors sol. Ces bacs trouvent leur place dans un lieu tempéré : un balcon, une terrasse, un garage voire une cave, en évitant les endroits avec de grands écarts de température.
Concrètement, c’est une petite boîte à étages (entre 30 et 60€ selon le modèle) dans laquelle vous déposez vos épluchures, marc de café, coquilles d’œufs, restes de légumes. Les vers (des Eisenia, pas des vers de terre classiques) font le reste. Ça ne sent pas, ça n’attire pas les nuisibles si c’est bien géré, et ça produit deux choses très utiles : du compost solide et un engrais liquide concentré pour vos plantes.
Ce qu’on n’y met pas
Viande, poisson, produits laitiers, agrumes en grande quantité — ces déchets compliquent la vie des vers et peuvent générer des odeurs. Pour ces déchets-là, les bornes à compost de la Métropole sont plus adaptées.
La Métropole propose des formations gratuites
La Métropole organise plusieurs fois par semaine des sessions de sensibilisation au vermicompostage, ouvertes à tous. C’est l’occasion de se lancer avec les bonnes bases plutôt que de rater son compost dès le départ.
Les composteurs collectifs de quartier : l’option conviviale
Lyon compte de nombreux sites de compostage collectif répartis dans les quartiers — des bacs installés dans des espaces communs (pieds d’immeuble, jardins partagés, squares) et gérés par des habitants bénévoles.
Comment les rejoindre
Pour rejoindre un site de compostage de quartier, il faut contacter le collectif gérant le site, qui vous renseignera sur les jours et horaires de permanences ainsi que sur les places disponibles. La liste des sites actifs est disponible via Les Compostiers, association lyonnaise qui cartographie les composteurs collectifs de l’agglomération.
Ce qu’il faut savoir
Ces sites sont réservés aux matières végétales et aux déchets de cuisine sans viande ni poisson. C’est la contrepartie d’une gestion bénévole et locale. Si le site de votre quartier est complet (ça arrive), vous pouvez vous inscrire sur liste d’attente ou envisager de créer un nouveau site avec d’autres habitants.
Et dans les copropriétés ?
Les composteurs partagés en pied d’immeuble sont réservés aux habitants de la copropriété dans laquelle le composteur est installé. Si votre immeuble n’en est pas encore équipé, sachez que la Métropole fournit les composteurs et les accessoires pour les copropriétés qui souhaitent en installer un — une démarche qui peut être initiée en assemblée générale.
Récapitulatif : quelle solution pour quelle situation ?
| Situation | Solution recommandée |
|---|---|
| Appartement sans balcon, pas de temps | Bornes à compost Métropole |
| Appartement avec balcon ou terrasse | Vermicomposteur maison |
| Envie de lien social et de compost récupérable | Composteur de quartier |
| Copropriété organisée | Composteur collectif en pied d’immeuble |
Le bonus : ça allège vraiment la poubelle
Beaucoup de Lyonnais qui se lancent dans le compostage sont surpris de voir à quel point leur poubelle grise se vide. Le compostage permet de réduire d’au moins 30% le volume de sa poubelle.
Vous êtes membre du conseil syndical d’une copropriété lyonnaise et vous souhaitez initier un projet de compostage en pied d’immeuble ? C’est exactement le genre de démarche que nous accompagnons au Cabinet Mireille. Contactez-nous.


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